Allez creuver !
Enveloppe-mon frêle corps dépourvu de toute force dans la camisole que forment tes bras. Bousille-moi les omoplates par la simple pression de tes dix doigts. Pour m'empêcher de bouger , place tes mains sur mes côtes saillantes & brise-les , n'aie pas peur , aucun remord, dis-toi simplement que je t'y ai obligée. Incruste tes doigts entre mes os , n'hésite surtout pas , avec tes ongles perce , ecartèle ma peau; déloge ce vide en moi , prend sa place , tu sais, toi seule peut t'y loger. Imbibe mon epiderme de tout ce que tu sèmes , de tout ce que tu offres aux autres & qui ne me revient pas par leur faute. Mon corps dans un ultime effort , pousse un dernier soupir . Ce n'est plus de l'amour , c'est tellement pire. J'ai su en regardant tes yeux , non , dès que j'ai regardé tes yeux ; que nous ne serions heureux que l'un dans l'autre. Alors arrache ce qu'il me reste de dignité , porte la près de ton coeur ; en collier. Depourvue de ma seule fierté , tu peux enfin faire de ce que tu veux de ce corps déchiqueté.